14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 21:38

C'est vrai que Sunshine en HD ça en jette un max.

 

The View: A "Back-to-the-Camera Shot" Montage from Plot Point Productions on Vimeo.

 

 

La musique c'est God moving over the face of the waters de Moby, qui est notamment utilisée dans Heat, pendant l'extrait qu'on voit justement dans le montage. Il y a la liste complète des films sur la page vimeo.

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 14:51

Ben Affleck et Olga Kurylenko (enfin les personnages qu'ils jouent, mais je ne rappelle pas des noms) tombent très amoureux alors qu'ils visitent Paris et le Mont Saint-Michel ensembles. Elle vit en France avec sa fille. Lui vient d'Oklahoma. La mère et sa fille acceptent de venir vivre avec lui aux States. Pendant ce temps un prêtre joué par Javier Bardem recherche désespéremment sa foi d'antan.

 

La traduction française quasi-littérale "À la merveille", gardant la référence à une partie de l'abbaye du Mont Saint-Michel qui porte ce nom, perd en route le sens de wonder = questionnement et le jeu avec wander = errer.

 

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En pleine immersion dans cet univers incroyable dans lequel une quantité abominable de jeunes boutonneux sont assis dans un hall gigantesque à se casser le cerveau sur une saloperie d'enveloppe convexe d'une partie d'un espace vectoriel, à passer quatre plombes à tergiverser sur une ineptie de Francis Ponge, à réécrire le Ctrl + F, à étudier les équations du mouvement d'un dragster ou bien d'une moto en roue arrière et à traduire le fait que le télétravail ça paie pas, je profitai d'un week-end de pause pour me matter le dernier Terrence Malick. Film en lequel j'avais placé beaucoup d'attentes, tant la bande-annonce était géniale et tant le précédent long-métrage du cinéaste,  The Tree of Life, avait fini par me séduire. Eh bien.

 

Monsieur Malick, je ne suis pas très content ! Va falloir grandir un peu, arrêter de vous extasier d'une mouche sur une vitre et d'écrire des voix-off pseudo-philosophiques dignes du mur facebook d'une étudiante en philosophie toute excitée.

 

Monsieur Lubezki, je dois vous dire que je suis un grand fan de votre travail en tant que directeur de la photographie ; vos images sont belles, chaleureuse, amples, vous leur donnez une âme et c'est toute la beauté aussi bien de la nature que de la civilisation contemporaine que vous arrivez à capter pour éveiller le poète qui sommeille en chacun de nous. En particulier, vos travellings sur les MacBook Pro sont très impressionnants, vous devriez faire de la pub pour Apple. Il va maintenant falloir penser à vous séparer de ce réalisateur qui commence à devenir un vieillard sénile et qui pense qu'il n'a plus besoin de faire grand-chose tout en se reposant sur votre épaule.

 

Olga Kurylenko

 

Mesdames Kurylenko et McAdams, on a du souvent vous le dire, mais vous êtes vraiment, très, très jolies. Et j'aurais aimé que vous tombiez sur un auteur / réalisateur moins taré pour pouvoir jouer de vrais personnages et ainsi susciter une attention d'autant plus grande à votre égard de la part des spectateurs, pour l'instant résolus à observer votre plastique irréprochable qu'un vieux pervers s'amuse à sur-esthétiser pour soi-disant montrer toute la beauté de l'amour.

 

Monsieur Bardem, sachez que vous êtes le seul acteur rescapé de ce navire perdu puisque vu l'ampleur de votre charisme vous êtes le seul ici à ne pas avoir besoin de lignes de dialogue pour en imposer. Vous êtes parfait en prêtre qui doute de sa foi et c'est grâce à votre aura incroyable que le profond athée que je suis n'a pas été repoussé par le discours religieux du film, bien au contraire curieux et respectueux du point de vue défendu par son auteur.

 

Javier Bardem

 

Monsieur Affleck, je... euh... eh oh ! Il y a quelqu'un ?

 

Il faut que je partage une théorie sur le cinéma et la vie. Une théorie qui a commencé à bourgeonner dans mon cerveau tordu lorsque, assis devant une série télé américaine avec mon brother, alors qu'un personnage venait de sortir une réplique de chez un grand cru des stéréotype dialogués, mon frère a sorti : "non mais en vrai personne ne parle comme ça dans la réalité". Dans un premier temps, la remarque me paraissait vraie. Cependant, quelqu'un chose me chiffonnait tout de même. Compte tenu du modèle que peuvent être, parfois malgré eux, les films et les séries télé, même si un scénariste écrit quelque chose qui ne représente pas bien le déroulement des choses dans la vraie vie, les gens sont susceptibles de l'imiter tout de même (si si je t'assure j'ai vu ça dans un film) et d'en faire finalement... une réalité. Ceci indiquerait donc que si les œuvres fictives, par soucis de vraisemblance, doivent s'inspirer de la réalité, elles peuvent aussi, par phénomène de mimétisme du spectateur, créer de nouvelles réalités. Il n'y avait pas plus de requins que d'habitude l'été 1975, et pourtant Steven Spielberg avait réussi à créer cette réalité de la dangerosité de la baignade à la plage. Tout comme c'est Projet X qui a créé la réalité des vrais fêtes Projet X.

 

Je vous raconte ça parce qu'avec To the wonder Terrence Malick rabâche un stéréotype affreux qui influe à mon goût beaucoup trop de filles en fleur. Celui de la chichieuse. La fille qui fait du chichi. La fille lunatique qui aime les longs regards gênants avec son copain, qui saute sur le lit comme une gamine, qui met ses mains dans la terre et les regarde toutes dégueulasses en rigolant comme une débile, qui marche avec un air sérieux dans les chemins boueux alors qu'il fait moche, qui s'extasie que oh putain t'es le prince charmant je t'aime plus qu'un croissantella, qui parle avec une petite voix mignonne artificielle de gamine pour s'adresser à son homme parce que voilà.

 

un buffle

 

Il existe certainement des chichieuses à l'état naturel, mais je suis persuadé que c'est des gros bâtards de scénaristes de romances à la con qui ont popularisé l'image de cette dégoulinante mélancolie amoureuse féminine et par conséquent cette opposition stéréotypée virant vers le machisme entre les hommes intelligents, droits et pragmatiques, et les femmes complètement folles qui font du chichi pour rien. Le véritable drame étant qu'il est probable que de nombreuses filles y voient un modèle à suivre suite à leur forte exposition aux séries télés et aux comédies romantiques (qui ne sont pas toutes touchées par le phénomène, ne soyons pas manichéen).

 

Ainsi, je ne sais pas ce qui est passé par la tête du petit Terry apparemment revenu à l'état d'adolescent qui se questionne sur les meufs et qui n'est visiblement pas arrivé au bout de ses réponses, mais il a fait joué à Olga Kurylenko une chichieuse comme y'en a pas deux. Une vraie gamine incontrôlable, mélancolo-idiote. Sa fille dans le film, peut-être plus mature, a au moins l'âge d'être une gamine, même si c'est elle qui prononce cette innommable réplique à Benny Benassi-Affleck du "alors, tu vas la marier ?" à travers laquelle Malick laisse échapper un relan d'idéologie chrétienne patriarcale me laissant sans voix. Même le père Quintanaconda aurait posé la question avec une subtilité plus élevée que notre désormais évangéliste de poche.

 

un paysage

 

Vu le behind the scenes (oh my god, Rachel McAdams I love you !), il semblerait que la méthode d'écriture et de tournage de Malick consiste à se balader n'importe où avec ses chefs opérateur et de filmer dès qu'ils voient un truc à filmer. A priori c'est peut-être pas si con et on trouvait déjà dans The Tree of Life et sa longue séquence Arte meets Home une sensibilité pour les choses de la nature et une inclination pour le docu-fiction plus que pour la narration cinématographique classique, qui m'avait beaucoup plu. De même, dans To the wonder j'aime beaucoup cette séquence avec les buffles et ces divers moments au cours desquels le poète Malick regarde le monde comme un enfant qui découvre des choses (littéralement : le cadrage est souvent fait à mi-hauteur d'homme), que ce soit à l'occasion de la scène où la fille de Kurylenko voit une fanfare ou de celle où des mouvements de caméra incroyables viennent sublimer une fête foraine. Malheureusement, contrairement à par exemple la scène des dinosaures dans The Tree of Life où la mise en scène était très posée et le rythme serein afin de distiller une certaine atmosphère très poétique, To the wonder ne prend jamais son temps et surdécoupe un patchwork de plans d'esthètes qui ne font pas grand sens agencés les uns à la suite des autres. Quand je découvrais Malick avec Le Nouveau Monde, la déconstruction de la narration classique était un argument pour aimer le film, avec The Tree of Life une telle déconstruction était incroyablement maîtrisée, ici elle a passé la limite, la ligne rouge (oh !), à un tel point que les personnages et les contemplations malickiennes ne sont que vaguement survolés et on se rend compte que finalement la construction ça peut être utile.

 

J'attends donc la sortie du prochain Alfonso Cuarón, Gravity, pour voir Emmanuel Lubezki chef opérer sur des trucs qui tiennent debout avec un réalisateur qui sait ce qu'il fait, tout en espérant que Terrence Malick, envers qui j'ai trop mal parlé aujourd'hui compte tenu qu'il reste tout de même l'un des mes réalisateurs préférés, se tourne vers de plus nets horizons, quitte à continuer la structure de sa filmographie en pseudo-dyptiques (Badlands / Days of Heaven ; The Thin Red Line / The New World ; The Tree of Life / To the Wonder) pour en commencer un nouveau, donc.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 20:41

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J'ai vu la bête. La grosse bête indépendante de 100 millions de dollars qui s'écrase lamentablement au box-office à cause de la campagne de pub la plus pourrie du monde. Le long-métrage dont la durée exceptionnelle (2h52) n'a de comparable que celle de sa bande-annonce interminable (5 minutes 42 secondes) dont la version YouTube 720p a tourné en boucle sur mon ordinateur, tout passionné que j'étais par cette perspective cinématographique qui avait vraiment de la gueule et qui promettait beaucoup ; bourrage de crâne qui a aboutit à de multiples "tiens ce plan est dans la bande-annonce" ou "tiens cette réplique est dans la bande-annonce" régulièrement au cours du film, ainsi que quelques "moments" révélés par ce trailer. Bandes-annonces diaboliques, désormais je ne vous regarde plus et je ne parlerai de vous que comme "spoilers officiels".

 

Bon. C'est pas aussi bien que ce à quoi je m'attendais. C'est une démonstration de savoir-faire, en bonne et due forme, très, très impressionnante, mais le concept ne m'a pas plu, tout du moins il ne m'a pas touché. Parce que bon, changer d'époque toutes les quarante secondes, c'est bien gentil, mais ça ne permet pas de s'immerger dans le film. Cloud Atlas possède certainement le montage le plus hallucinant qui m'a été donné de voir au cinéma. Pendant 2h45 sont mis en parallèle 6 histoires à 6 époques différentes, liées par le thème de l'oppression, celui de l'amour et quelques détails scénaristiques. Le long-métrage montre une capacité incroyable à sauter constamment d'une storyline à une autre, cliffhanger sur cliffhanger, et même à observer une sorte de respiration : régulièrement des montées en puissance portées par une bande-originale magnifique viennent bouleverser un rythme de croisière déjà soutenu, jusqu'à ce grand sprint final.

 

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Face à une telle démonstration de savoir-faire j'adorerais adorer ce film, mais ce n'est pas le cas. Car si un tel concept narratif est très original, il n'est pas révolutionnaire : les Wachowski ne sont sûrement pas les premiers à penser une telle narration, en revanche je veux bien croire qu'ils soient les premiers assez fous pour l'utiliser et ainsi foncer droit dans le mur dans la conception d'une œuvre qui s'apparente finalement à une méga bande-annonce étendue de 2h45. La période de survie d'une unité de lieu et de temps dans ce film est nettement trop courte, et il est impossible de se plonger pleinement dans une scène puisqu'une coupe sur un siècle plus tard ou plus tôt nous y extirpe immédiatement. Le meilleur exemple pour illustrer ma frustration est peut-être cette scène d'action dans le futur à Neo Soul, qui, bien que très bien faite et utilisant des effets spéciaux impeccables, possède un impact spectaculaire totalement bridé par son absence de continuité et son entrecoupement avec d'autres morceaux du film. Trop occupé à vouloir absolument mettre en relation les différentes thématiques du film et donner écho à des personnages d'une époque avec ceux d'une autre époque, Cloud Atlas commet l'erreur de ne pas les laisser respirer. C'est un film hyperactif, dopé, aux personnages face auxquels il est bien difficile d'éprouver une sincère émotion tant ils sont autant survolés que la narration qui les présente. Utilisant cette narration "survolée" pour cacher le fait que chacune des 6 storylines n'a rien de vraiment exceptionnel, Cloud Atlas ne parvient pas non plus à creuser chacune d'elle, malgré sa durée considérable, et nous balance au beau milieu d'un bazar dans lequel il faut se débrouiller pour admettre les faits qu'on y trouve, sans savoir d'où ils sortent.

 

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Inutile de préciser que la présence de Tom Hanks toujours aussi talentueux

dans cinq rôles distincts constitue d'emblée un solide gage de qualité au film

 

On peut toujours saluer la simplicité du résultat, le long-métrage affichant finalement une fluidité et une aisance narrative surprenantes face auxquelles il n'y a pas besoin de se tordre les boyaux de la tête pour suivre, ainsi que l'heureuse constatation que les presque trois heures passent en un clin d'œil, malgré une telle quantité de scène(tte)s. J'ai aimé la manière dont le film arrive à donner un "aspect" commun à 6 histoires qui n'ont pas grand-chose à voir, son caractère parfois loufoque (Hugo Weaving en infirmière, hum), l'idée de faire jouer plusieurs personnages à des mêmes acteurs, connus et talentueux, et l'ambiance un peu délirante qui caractérise l'ensemble de l'œuvre. En plus du montage, la mise en scène aussi est exceptionnelle et soignée avec un soucis maniaque, tandis que la photographie offre une esthétique d'une élégance admirable. Si toutefois le concept n'était pas pourri d'emblée on pourrait parler de grand cinéma, pour l'instant on se contentera de dire qu'il s'agit d'une démonstration de perfection technique vaine, qui n'arrive pas à rejoindre l'ambition affichée, ce qui était plus ou moins prévisible, tant celle-ci était follement démesurée.

 

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Loin d'être totalement mauvais outre sa performance technique et artistique, Cloud Atlas est donc un film-concept qui choisit de s'écarter de la narration classique pour raconter sa grande histoire de manière originale. J'apprécie l'idée, moins le résultat. Néanmoins ça reste un bon film, malheureusement frustrant, surtout quand on aperçoit notamment vers le final et ses répliques bien foutues les possibilités qu'offraient les thématiques abordées, qui sont, pour la troisième fois : survolées. C'est bien le mot qui correspond le mieux au film, considérant qu'une fois la vision terminée on a juste l'impression d'avoir vu six films en diagonale. C'est de la compression avec pertes. Vous avez du le remarquer depuis deux paragraphes, je ne peux pourtant m'empêcher d'éprouver une affection pour Cloud Atlas, qui exploite si bien l'idée de réincarnation et de cycle de la vie, l'aspect chaotique de nos plus anodins choix et celui grandiose de ceux qui bouleversent notre manière de penser. On a envie d'y croire, et peut-être que le livre original, que je n'ai pas lu, sait mieux profiter de l'océan de narration que sont les romans pour y développer à fond tout ce qui fait les richesses de Cloud Atlas, dont l'ultra-condensé filmique ici présent ne nous permet d'apercevoir que des gouttes de cette densité. On serait, à l'occasion, tenté de me faire remarquer qu'un océan n'est jamais qu'un assemblage de gouttes. Et je répondrais qu'il en faut, effectivement, énormément, me tournant vers cette curieuse conclusion : Cloud Atlas n'est vraiment pas assez long.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 23:40

Une auteure (nègre pour être précis) rageuse de la vie, un peu seule et désespérée retourne à la ville où elle était au lycée où vit un ex boyfriend d'antan maintenant marié et papa. Elle entreprend de le reprendre, pour ainsi dire.


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Les personnes à l'origine de ce film n'ont pas du se rendre compte que pour mettre un synopsis aussi pourri à l'écran tout en espérant en obtenir un film au moins sympathique, ils fallait une équipe de choc capable de transcender ce qu'on leur donne. Ce n'est pas le cas. Le duo réalisateur / scénariste Jason Reitman / Diablo Cody, qui avait déjà œuvré avec le fort sympathique Juno, n'a pas les épaules pour transcender quoi que ce soit. À vrai dire c'est terriblement faible. On ressort du film en s'étonnant que le film n'était que "ça", et en se rendant compte que ça était rien, du vent, de la mousse, ne retenant que la présence agréable d'une Charlize Theron grande, talentueuse et jolie. Malheureusement un film ne se réduit pas à une actrice et c'est l'occasion de se fendre d'un petit "mauvais".

 

Le début est bien. J'ai la mauvaise habitude d'avoir un Filouterymètre instantanée dans ma tête quand je regarde un film. Exemple, devant The Dark Knight Rises : première scène, Zimmer's Gotham Reckoning, James Bond style, scène aérienne, wow cette plongée sur l'avion qui tombe. Transcendant. Alfred : "l'autre fois quand j'étais à Florence eh bien je mangeais des cacahuètes et j'aurais adoré vous voir là". Wtf. Moyen. Cotillard : gasp brrr. ??! Ultra mauvais. À la fin mon cerveau déduit mon avis sur le film en faisant l'intégrale sur la durée du film de tous ces petits avis infinitésimaux puis en prenant la partie entière (en terme d'avis disponibles dans la barre de notation Filoutery©), mais la partie entière par excès, parce que je suis gentil. En fait c'est un peu plus compliqué que ça : il faut savoir que l'avis à l'instant t+dt est influencé par l'avis à l'instant t par le phénomène d'enveloppage des avis élémentaires, selon la loi de Kschristophz-Sangruel, mathématiciens respectivement sami et peau-rouge qui ont la particularité d'avoir modélisé mathématiquement les réactions cognitives des hommes face au cinéma, et d'être imaginaires, aussi. (Probablement la pression des concours, ne vous inquiétez pas, ça va passer.)

 

Tout ça pour dire que le début de Young Adult m'a beaucoup plus. J'ai beaucoup aimé le personnage incarné par Charlize Theron, sorte de Big Lebowski féminin, le bowling en moins, la trentaine, trouvant l'inspiration pour ses livres pour ado en écoutant les discussions futiles de jeunes filles quand elle va faire ses courses en pyjama. On éprouve une drôle d'affection pour cette protagoniste pourtant loin des standards de la femme "séduisante", malgré son physique agréable à regarder. Tout ceci est bien rapidement détruit. Le personnage s'avère par la suite complètement antipathique et c'est comme si le scénario s'acharnait à détruire la moindre amitié qu'on pourrait ressentir à son égard. L'échec majeur du film est en fin de compte qu'il n'arrive pas à nous montrer les raisons d'une telle folie chez la personnage principale, et a fortiori à instaurer une tendresse envers cette femme pourtant en détresse. C'est dommage, surtout quand vient s'y ajouter un script mauvais. Beaucoup de choses sont prévisibles et la continuité dialoguée est très maladroite. Un film que j'oublierai vite.

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 12:00

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Je pense que les meilleurs hommages sont ceux qui plaisent aussi bien aux initiés du genre de référence qu'à ceux qui n'en ont pas la culture. Je ne connais pas le cinéma muet, mis à part quelques Chaplin comme tout le monde (mais c'est déjà pas mal, non ?), et The Artist m'a beaucoup plu. À vrai dire, ce film m'a même donné envie de découvrir des films muets authentiques. Car s'il y a bien une chose que rappelle The Artist, c'est que le cinéma muet n'est pas un cinéma dépassé qui n'a plus lieu d'être, mais un genre de film à part entière où la forme oblige à repenser fondamentalement la narration et la conception de chaque scène, permettant par ailleurs de jouer avec des effets qui n'existent pas dans le cinéma parlant. C'est ce constat qui permet à The Artist, en plus d'être un vibrant hommage à ce cinéma, d'être un film à part entière, non pas seulement une sorte d'œuvre nostalgique qui se contente d'imiter, mais bel et bien un bon film muet, en 2011.

 

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En effet, dès le début le long-métrage montre de nombreuses qualités dont on retient d'abord un noir et blanc franchement joli. Hanazavicius a l'intelligence de pas pousser l'hommage jusque dans les défauts de pellicules de l'époque et propose ainsi une image impeccable composée de teintes de gris superbes. Il convient aussi de souligner la prestation géniale de Jean Dujardin (dit "Doujardine") et de Bérénice Bejo. Pour tout dire ils forment un couple de personnages vraiment mignon, l'aspect nécessairement caricatural de leur jeu issu de l'absence de dialogue leur donnant une sorte de joyeuseté candide dans les bons moments et de tristesse touchante dans les moments "durs". Enfin, il faut aussi parler de la bande-originale de Ludovic Bource, très entraînante, jolie et qui ne s'arrête jamais, tout en développant un thème propre au film. Qui ne s'arrête jamais, ou preque. En fait The Artist utilise précisément l'absence de musique comme un effet dramatique ; une magnifique opposition au cinéma contemporain où les violons arrivent avec les émotions. Ici ils disparaissent quand les émotions arrivent et l'effet est d'autant plus éloquent car il marque quelque chose d'inhabituel (le reste du temps la musique constitue une sorte de fond transparent au film) tout en développant la scène concernée dans une sorte de pureté silencieuse. En somme une manière bien élégante de montrer la puissance du muet grâce à la bande son.

 

 

 

 

The Artist s'avère avant tout être un retour aux sources du septième art, ce dernier qui consiste fondamentalement en des images et du son et non pas en des dialogues interminables expliquant des intrigues qu'on cherche de plus en plus capilotractée. À ce propos on apprécie la simplicité de l'histoire, ça repose un peu de tous ces films qui pensent qu'un bon scénario doit être compliqué et s'embourbent dans des incohérences pas possibles. The Artist est un film simple, et c'est vraiment agréable. Cependant on peut tout du même lui reprocher quelques petites choses. Justement le film n'offre qu'une trop faible démonstration de ce qu'on peut faire sans dialogue, faisant parfois un usage abusif des cartons comme dans cette scène où Valentin (hihihi) apprend que la maison de production pour laquelle il travaille vient de totalement se reconvertir dans le parlant. Par ailleurs le long-métrage observe une baisse de rythme pendant la période où Valentin déprime (rooooh), pendant laquelle on frôle l'ennui, même si de toute façon la rareté d'une telle narration fait que chaque scène éveille notre curiosité. C'était l'histoire de chipoter un peu, et des idées géniales comme celle du cauchemar ou du "Bang !" (<spoilers : sélectionner pour voir>Atention comparaison audacieuse et double spoiler : ce carton d'une grande intelligence m'a un peu fait penser à la fin de Match Point de Woody Allen. En effet, dans Match Point, quand on voit l'alliance rebondir et ne pas tomber dans l'eau, on s'imagine que c'est ce qui va mener le protagoniste à être arrêté, alors que c'est précisément grâce à ça qu'il s'en sort. Quand dans The Artist on voit le "Bang", on s'imagine que Valentin s'est fait sauter le caisson, pour ainsi dire, alors qu'il s'agit de l'accident de voiture de Peppy, et que c'est précisément ça qui attire son attention, et repousse puis annule son suicide ; dans les deux cas l'élément qui nous est donné engendre le contraire de ce qu'on imagine qu'il devrait causer. Je crois que je vais m'arrêter là.</spoilers>) suffisent à susciter mon admiration.

 

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 14:40

Un père de famille qui travaille dans le bâtiment est en proie à des cauchemars d'un réalisme et d'une violence terrible qui continuent de le hanter une fois levé, à tel point que son comportement étrange commence à déranger son entourage, tandis qu'il se demande s'il ne devient pas fou.

 

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D'emblée ce film commence avec toute ma reconnaissance lorsqu'il propose des tornades vu d'un registre intimiste, depuis le jardin. L'apocalypse, ou à moindre échelle des événements météorologiques cataclysmiques, sont effectivement des choses tellement puissantes et intéressantes qu'elles méritent d'apparaître dans des films qui ne sont pas là pour les exploiter en tant que machines à grand spectacle dans une vision universalisée et gouvernementale de la fin du monde (même si souvent, ce genre de films étant des blockbusters américains, la vision "universalisée" est la vision américaine), mais en tant que choses impressionnantes lorsqu'elles sont vues à hauteur d'homme. Comme je l'ai déjà fait sur ce blog, on peut citer La Guerre des Mondes de Spielberg, commençant sur un registre intimiste de vendredi soir fort appréciable, même s'il partait rapidement dans du gros badaboum (fort appréciable aussi, cela dit), et A serious Man, aussi.

 

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Take Shelter est d'emblée un bon film lorsqu'il montre le quotidien d'une famille normale envers laquelle l'identification, tout du moins l'empathie, est très efficace. On n'approche jamais d'un dramatisme artificiel, mais on n'oublie jamais les émotions. Cet équilibre cinématographique est vraiment séduisant, et il est tenu tout le film. C'est d'emblée un bon film lorsqu'il traîte le sujet de la schizophrénie sous une approche qui a l'air d'être beaucoup plus réaliste et juste que celle adoptée par nombre de films qui arrivent avec leurs gros sabots et leurs dédoublements de personalité. C'est d'emblée un bon film lorsqu'il traîte de problématiques familiales telles que la surdité de la fille ou la folie de la mère du héros (antécédent familial qui lui pèse telle une épée de Damoclès sachant qu'il commence à perdre les pédales) dans une optique simple et authentique au premier niveau de lecture, complexe et symbolique au second ; une baffe monumentale à nombre de productions qui étalent leur gravité et leur lourdeur dramatique sur de tels sujets sans jamais qu'ils engendrent un sous-texte. C'est d'emblée un bon film lorsqu'il met en scène des acteurs aussi talentueux que Jessica Chastain et Michael Shannon (il est magistral). C'est d'emblée un bon film lorsqu'il est doté d'une photographie aussi humble qu'esthétique qui le gratifie d'un aspect pictural très élégant.

 

Et une fois tous ces éléments issus d'une maturité et d'une sagesse remarquables réunnis, Take Shelter est un film excellent lorsqu'il développe son propos avec brio. C'est un film excellent lorsque comme le héros on commence à ne pas savoir ce qui est vrai et ce qui est du délire dans tout ça. C'est un film excellent lorsqu'il étudie la crise aussi bien économique qu'existentielle que traverse le monde à travers celle du même acabit que traverse une famille américaine. C'est un film excellent lorsqu'il montre des moments de cinéma aussi percutants qu'une tornade vu de chez soi, le réveil de son mari dans un état qui s'apparente à une attaque cardiaque ou la présence d'un individu patibulaire dans le jardin par temps de pluie. C'est un film excellent lorsqu'il prend le risque de flirter avec le fantastique tout en permettant toujours une lecture rationnelle via, au pire, l'argument de la coïncidence.

 

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Histoire de pinailler un peu, on peut évoquer ces effets spéciaux à base d'oiseaux et d'éclairs, qui, s'ils sont bien jolis, ne sont pas réalistes pour un sou. Par exemple, quand Terrence Malick filme un éclair pour de vrai dans Le Nouveau Monde, puis quand il filme une nuée d'oiseaux pour de vrai dans The Tree of Life, c'est authentique, et ce n'est pas comparable à cette invasion numérique dans ce film pourtant si sobre, qu'on pardonnera certes facilement vu le caractère indépendant du long-métrage (et donc son budget limité) et surtout vu que ces scènes sont des délires et n'ont donc pas à être nécessairement photoréalistes. Mais c'était pour pinailler un peu. Les tornades sont impeccables.

 


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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 12:45

À la suite des attentats du 11 septembre 2001, les 10 ans de traque de Ben Laden jusqu'à son execution au Pakistan par les forces spéciales américaines en 2011.

 

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Je devais voir Django Unchained, mais suite à deux séances fermées car complètes dans deux cinémas à la suite, il a fallu arrêter de galérer dans Paris à chercher un autre cinoch (potentiellement aussi complet pour Django) mais se tourner vers le plan B : Zero Dark Thirty. Plan B de grand choix je le concède, le duo réalisatrice / actrice constitué de Kathryn Bigelow et Jessica Chastain présageaient en fin de compte quelque chose d'aussi bon qu'un énième délire tarantinien (je suis méchant, je ne l'ai donc toujours pas vu mais il a l'air vachement cool). C'est que depuis l'énorme Démineurs et sa giboulée d'Oscars, Bigelow est une réalisatrice qu'on attend au tournant. Si en plus elle confie le rôle principal de son film à la géniale Jessica Chastain, que je connais pour avoir joué chez Malick la personnification de la grâce avec une interprétation tout en talent ; si en plus le sujet est la traque de Ben Laden par la CIA, c'est que ça s'annonçait terrible ce film ! Et comment.

 

Par où commencer. Peut être en remarquant qu'on est dans du pur Bigelow. Premièrement via un style visuel proche du documentaire, même si en l'occurence il faudrait un peu se calmer avec la caméra qui bouge sans raison. Pas uniquement sur le style visuel puisqu'on sent aussi une ambition d'objectivité dans ce qui est montré. Bigelow s'autorise une approche émotionnelle sur une unique scène : la première du film. Sans image, Zero Dark Thirty s'ouvre sur les appels téléphoniques du 11 septembre 2001, que ce soit les communications radio de la police qui disent qu'un attentat grave est arrivé au WTC ou les appels de gens dans les tours à leurs proches ; le long-métrage utilise ce montage audio poignant durant lequel nos yeux sont rivés sur les sous-titres d'un écran plongé dans les ténèbres en guise de prologue aux 2h30 de traque qui suivent. Pour le reste le film se contente de montrer. Il n'élude pas l'épineuse question de la torture utilisée par la CIA pour faire parler les terroristes, il n'en fait pas non plus l'apologie. Bien que le point de vue soit systématiquement américain (il n'y a par exemple aucun contre-champ du point de vue des terroristes durant l'assaut final), il n'y pas vraiment d'idéologie défendue mais simplement des enjeux posés et l'acharnement que Maya, agent douée de la CIA, met à les résoudre ; au spectateur de choisir si cette histoire l'accroche ou pas.

 

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J'ai beaucoup accroché. Dense en méandres scénaristiques sur tout le cheminement qui mène à la résolution de la traque, a fortiori en dialogues, Zero Dark Thirty fait partie de ces longs films à enquête passionnants, tel que Révélations de Michael Mann qui, bien que dans un domaine distinct, a le point commun de mettre en scène des personnages à la fois acharnés et soumis à des pressions extraordinaires dans la résolution d'un problème de grande envergure. Dans ce contexte on retient principalement le jeu brillant de Jessica Chastain, récompensée par un Golden Globe pour son rôle (here you go) et en lice pour l'Oscar de la meilleure actrice (qu'elle aura), les autres acteurs étant d'ailleurs très bon aussi, ainsi qu'une certaine démystification de l'espionnage forte appréciable.

 

Mieux encore, Zero Dark Thirty s'avère parfois être un bon film d'action. On parle beaucoup de Michael Bay et de ses explosions, mais s'il y a bien une cinéaste qui semble obsédée par les bombes, c'est Bigelow. Sans parler de son précédent long-métrage, la réalisatrice continue avec ce film à installer régulièrement une sorte de suspense bombique et d'autres trucs qui nous pètent à la gueule. Mais outre cette remarque, là où Zero Dark Thirty devient vraiment un film d'action, c'est dans son dénouement. Ce n'est pas un spoiler, c'est le titre, oui, Zero Dark Thirty ("minuit trente") va jusqu'au bout et montre l'assaut. Et Whoua. Cette rupture de registre finale, du film d'espionnage au film d'action, est assez époustouflante. Installant une tension à se serrer contre son siège quand les membres des forces spéciales font le trajet en hélicoptère jusqu'à la maison cible, en partie grâce à la musique terrible d'Alexandre Desplat, puis filmant le reste avec un effet d'immersion exceptionnel, Kathryn Bigelow confirme sa capacité à filmer des scènes de guerre épatantes. L'ensemble formant finalement un tout cohérent et rudement bien orchestré. J'attend déjà le prochain Bigelow.

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:05

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Me voilà embêté, parce que j'ai bien envie de dire que c'était plutôt mauvais, et pourtant j'ai bien rigolé. Après tout c'était peut-être un rire nerveux un peu bizarre, qui s'auto-entretient pour aboutir sur des éclats de rire au quart de tour sur des choses même pas drôles. Mais commençons par le commencement, à savoir le concept du film, assez étrange. Déjà que quand les gens qu'on connaît nous présentent leurs photos de vacances, au bout d'un moment ça commence à bien faire, si c'est Guillaume Canet qui s'y colle avec un film de 2h30 et sa bande d'amis, on ne sait pas trop à quoi s'attendre. Enfin, "amis", c'est un bien grand mot. Ici les amis sont plutôt des casse-couilles qui s'envoient des missiles dans la gueule et s'envoient mutuellement chier dès que quelqu'un demande un conseil (j'abuse certes un peu). Déjà que c'est assez risqué d'organiser des vacances ensembles deux semaines dans la même baraque, compte tenu que c'est un moyen bien efficace pour à coup sûr foutre un bazar infernal dans n'importe groupe d'amis, on ne peut pas dire que ceux-là partent avec des conditions initiales extraordinaires, même si apparemment ils font ça tous les ans. Mais bon, au moins on sait qu'on ne va pas voir un film pour passer des vacances de bourgeois parisiens par procuration, mais bel et bien suivre les péripéties d'une bande de névrosés de la vie, ce qui est tout de suite plus alléchant

 

Le résultat est bizarre. On sent à la fois un Guillaume Canet ambitieux et un Guillaume Canet en mode I have no idea what I'm doing ; façon de parler, de toute évidence il contrôlait parfaitement ce qu'il faisait et c'est donc à lui que revient la responsabilité de toutes les betises présentes dans le long-métrage. Le film s'ouvre sur un plan-séquence sérieusement brillant, laissant croire qu'on regarde un film d'un mec inspiré qui va nous livrer un film puissant, jusqu'à ce que Marion Cotillard et son combo ridicule "t'es beau" à un mec défiguré + un bisou à travers son masque nous rappelle que c'est du Canet, eh oh, faut pas non plus trop demander. Si seulement cet exemple était unique... Il y a un terrible problème de registre dans ce film. Pourvu qu'il dote avec plus ou moins de succès son long-métrage d'un registre "réaliste", avec une Marion Cotillard fumeuse de joints et les différents jeu d'acteur en mode vie de tous les jours, Canet insère des gimmicks niais et pathos du cinéma aux fortes émotions presque made in hollywood. Et ça ne va pas. On aboutit à ce rythme à vingt minutes finales insupportables, dont le traitement dramatique rappelle les pires daubes cinématographiques du style Ma première fois (hallucinant ce film, même si je veux bien concevoir que certaines midinettes soient attirées par Martin Cannavo), ou même les téléfilms de l'après-midi sur M6. Et puisqu'on est dans les comparaisons télévisuelles, certains cadres maladroits des Petits mouchoirs font un peu penser à Plus Belle la vie, et ce n'est pas un compliment. (Non mais je regarde pas, c'est juste que des fois en zappant j'apperçois) (sérieux, hein). Quitte à persévérer dans les points négatifs : la musique ! Oh purée. Canet nous balance sa playlist dans les oreilles, avec les chansons en entier. C'est fou ça. Au hasard, Forrest Gump, Good Morning England, (500) jours ensemble, sont des films à la BO géniales qui utilisent des extraits de 30 secondes à peine pour faire des transitions et créer une ambiance. Canet fait des clips. Il filme des gens courir sur la plage, et nous met sa musique. Il filme un bateau en hélicoptere, et nous met sa musique. Il filme Jésus jouer de la guitare, et nous met sa chanson, inter-minable. Tu m'étonnes que le film dure 2h30.

 

Bon, la question que tout le monde se pose (car le monde me lit, ahah, c'est cela, oui), c'est : mais qu'est-ce que j'ai aimé dans le film au final ? Eh bien, outre le plan-séquence initial (car je surkiffe les plans-séquences, vous pouvez me corrompre avec des plans-séquences bien sentis), accrochez-vous, ce qui m'a plu dans ce film est une conséquence d'un de ses défauts. Les personnages sont des caricatures dessinées au burin. En particulier le personnage joué par François Cluzet, qui flirte d'ailleurs parfois dangereusement avec le cabotinage. Eh bien si ça ne permet pas au scénario d'être très subtil, puisque ne développant qu'une personnalité manichéenne en chacun des personnages, ça permet au moins au film d'être bien marrant. Et que ce soit avec un défonçage de mur à la hache ou une remise au clair des règles de 1, 2, 3 soleil (énorme), force est de constater qu'on se poile bien devant Cluzet, les autres n'étant pas en reste et offrant aussi leur lot de franches rigolades, du genre Laurent Lafitte dans la scène du permis bateau, l'ensemble du casting livrant d'ailleurs une prestation très réussie. D'ailleurs, tant que j'y pense, une des thématiques du film plutôt bien foutue est celle du reset. Que ce soit ce moment où Juliette arrive dans le reste du groupe et propose de faire "comme si de rien n'était", que ce soit Gilles Lelouch qui pète un cable hors-champ puis revient à table comme si de rien n'était, que ce soit Cluzet qui devient serein et bon sans avertir et sans comprendre les moqueries de ses copains face à ce changement, les personnages qui veulent changer leur fusil d'épaule sans justification, ou ceux qui veulent simplement oublier une rupture sans en parler davantage ou toutes ces choses qui consistent à changer sans s'occuper d'avertir de la transition est une constante dans Les Petits Mouchoirs, et c'est une jolie manière de la part de Canet d'illustrer la commodité qu'il y a de ne pas avoir peur du bouleversement, et de foncer dans la vie en n'hésitant pas à tourner les pages.

 

En somme, voilà un film plein de bonnes intentions, qui accumule bien trop de maladresses pour qu'il soit bon, mais qu'il serait malhonnête de qualifier de mauvais vu qu'on ne s'ennuie pas et qu'on rigole bien devant.

 

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 14:25

Ce n'est pas à mon habitude de spéculer à partir de bande-annonces, d'ailleurs normalement je n'aime pas trop le procédé, étant donné que je trouve qu'à peu près n'importe quel bande-annonce donne envie de voir le film, le concept étant de compresser une tension dramatique très dense en deux minutes à coup d'images épiques, d'un montage épique avec de la musique épique, le résultat étant souvent la déception puisqu'une fois au cinéma le tout est étalé en deux heures souvent sans scène atteignant les sommets dramatiques annoncés par le trailer.

 

Mais pourtant, là, comme ça, j'ai deux bandes-annonces intéressantes que j'ai envie de commenter. Elles m'ont donné chacune deux intuitions, une première immédiate, puis une seconde plus pragmatique.

 

 

 

Man of Steel de Zack Snyder (sortie prévue le 19 juin 2013)

 

 

 

Bon. De but en blanc là comme ça, la bande-annonce me donne l'impression que ça va être du caca Man of Steel. Ils ont décidé de faire un reboot parce que le Superman Returns de Bryan Singer n'avait pas séduit. Mais euh... peu importe ce que je pense du film de Singer (je le trouve pas mal du tout), à l'époque la bande-annonce de Superman Returns laissait présager quelque chose de vachement mieux que celle de Man of Steel aujourd'hui. La production étant chapoté par Chris Nolan qui se croit le maître des super-héros depuis qu'il a achevé sa trilogie du chevalier noir très sérieuse, l'ambition est clairement de retourner à du film sérieux et mythologique sur les racines de Superman. Finies donc la culotte flashy et les trompettes de John Williams, mais place à un héros au visage rude torturé par la volonté de connaître ses origines qui s'isole en mode solitaire barbu. Et bah dis-donc. Moi je vous dis, ça va être bien chiant. D'autres choses m'effraient et m'irritent pas ailleurs : toujours dans la sérieutisation et la stylisation de Superman, il vole désormais les deux bras le long du corps et non plus le poing fièrement levé ; il fait voler la poussière avant de décoller (what the fuck ?) ; il y aura apparemment Leonidas dans le film ; la réalisation a été confiée à Zack Snyder, en mode poseur qui essaie d'imiter Malick et qui se vautre (c'est pas vraiment beau...), connu pour ses films d'auteurs tels que Sucker Punch ou encore 300 ; il y a visiblement des vaisseaux spaciaux, ce qui laisse supposer un thème développé avec des kryptonien, ce qui me fait peur ; le mec qui joue Superman a une tête dure avec un charisme forcé, j'accroche pas du tout.

 

Ça c'était la première intuition. Et pourtant, ma deuxième intuition, c'est que je sais que je vais aller le voir, et je sens que je vais pas détester. Pour une raison très simple : parce que ça à l'air d'être un sacré film d'action de malade, et que je suis très preneur de grand spectacle, surtout si ça a l'ambition d'être traîté sur un fond sérieux, quand bien même ça n'y parvient pas. On verra bien.


 

 

To the Wonder de Terrence Malick (sortie prévue le 6 mars 2013)

 

Musique : Andy Quin - Awakening, Steady & Assured (string only version) (oui c'est fabuleusement beau)
 
Bon. C'est confirmé. Terrence Malick et son directeur photo Emmanuel Lubezki sont les faiseurs d'image les plus doués de l'univers. Ils ne jouent pas dans la même cours que les autres, c'est juste trop beau. Honnêtement cette bande-annonce fait carrément rêver. On s'attend à de la pure poésie, à un truc complètement transcendant qui va changer notre vie et nous faire voir le monde différemment. Ça me l'avait déjà fait avec le trailer de The Tree of Life. Et si on peut féliciter Malick pour quelque chose c'est bien de faire des films aux bande-annonces les plus magiques du monde, avec ces images sublimissimes et ces musiques à la fois sérieuses et pleine d'espoir. Donc, To the Wonder (traduit en français en À la merveille, visiblement c'est la grève des traducteurs et ils se sont tournés vers google traduction) s'annonce comme un truc vraiment génial.

 

Et pourtant, et pourtant... Malick on commence à le connaître un peu. Et le problème, c'est que ses trucs virent rapidement vers l'abstrait et le symbolique, et qu'on se fait bien chier au bout d'un peu, malgré la beauté des images. Cependant la durée est annoncé à moins de deux heures (1h50), ce qui donne envie de crier hallelujah quand on sait que l'ennemi du cinéaste est la longueur de ses longs-métrages (habituellement ça tape dans du 2h20) qui donne trop de temps au spectateur pour se perdre. Mais les premières critiques de Venise parlent tout de même d'un truc très expérimental et Ben Affleck a ditici que le film ferait passer The Tree of Life pour du Transformers (là on est vraiment dans la merde, parce qu'en vrai Transformers est à The Tree of Life ce que du nutella est à du saumon fumé). Or je suis en train de me dire que Malick gagnerait à utiliser son talent d'esthète sur du concret et non de l'abstrait (mais il a tout de même le droit de restreindre les dialogues, les dialogues ça tue la poésie, c'est trop formel), quitte à passer en mode abstrait/clip/beau/whouaa moins souvent pour rendre l'effet plus rare donc impressionnant et là peut-être que je commencerais à trouver ses films vraiment mind-blowing, comme ses bande-annonces. Oh mais non, j'oubliais aussi, faut qu'il arrête les voix-offs pleine de banalités à deux balles, et qu'il trouve de vrais idées, c'est pour ça aussi. Hein. Bon. On verra.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 20:36

Cal Weaver apprend lors d'un dîner avec sa femme qu'elle veut divorcer, et même qu'elle l'a trompé. Le père de famille accepte le divorce, déprimé, et s'apitoie sur son sort dans un bar. Il est repéré par Jacob, un séducteur invétéré dont le terrain de chasse est ledit bar, qui lui propose de faire de lui un vrai womanizer.

 

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Je plaide coupable. Oui j'ai regardé ce film pour son casting. Steve Carell (qu'on sait posséder une facette terriblement sous-exploitée depuis son rôle dans Little Miss Sunshine), Julianne Moore (qui n'a plus grand-chose à prouver depuis de nombreux rôles clés, notamment dans Les Fils de l'Homme), Emma Stone (envers qui j'ai déclaré ma flamme dans le point n°6 de mon article sur The Amazing Spider-man), Ryan Gosling (vis-à-vis de qui je n'ai pas caché une certaine fascination dans mon article sur Drive). Dieu tout-puissant, un casting pareil ça m'excite encore plus qu'Avengers. Et forcément, quand on aime des acteurs et qu'on découvre tout à coup qu'il existe un film les réunissant, ça aide à aimer le film. Il se peut donc que mon avis soit particulièrement subjectif sur ce coup-là. Sans compter le fait que c'est le premier film que j'ai regardé sur mon laptop resplendissant (merci monsieur le Père Noël), en HD, ce qui m'a permis de considérer à sa juste valeur la photographie plutôt jolie et riche en couleurs vives du film.

 

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Ce qui ne veut pas dire que je ne vais pas avoir de réserves. En l'occurence Crazy, Stupid, Love commence en faisant assez peur. En montrant les pieds des gens dans un restaurant, élégants et baladeurs, avant de couper subitement sur les baskets portées par les pieds immobiles du personnage de Cal. L'effet est facile, il a pour vocation de faire rire et il laisse supposer un film où on va passer deux heures à se moquer d'un soit-disant looser, tels des collégiens rigolant de quelqu'un qui n'aurait pas le swag. Bref, quelque chose d'assez écœurant s'annonce. Mais non. Dieu soit loué, ce n'était qu'une introduction maladroite, pour attirer, comme ça, un peu comme le tout début de People d'Awolnation qui laisse supposer une énième merde pour jeunes à passer sur NRJ et qui s'avère finalement vachement bien. Crazy, Stupid, Love fait partie de ces comédies modernes qui cherchent le barycentre du triangle infernal constitué de la morale puritaine, de l'humour potache et de la tendresse romantique, y arrivant plus ou moins, sachant que de toute manière il sera niqué par le premier point, puéril à cause du second, et décrédibilisé par le troisième s'il ne le manie pas assez bien.

 

Un autre réalisateur du nom de Will Gluck s'y est aussi attelé avec ses comédies Easy Girl et Friends with Benefits (traduit en français par le racoleur Sexe entre amis), qui possèdent le point commun de mettre en scène Emma Stone (le premier rôle du premier, une apparation dans le second). Le résultat est toujours le même : quelque chose de foncièrement pas très marrant mais qui exploite bien le comique de situation, quelque chose qui n'a rien de révolutionnaire mais fort sympathique. Le constat s'applique aussi à Crazy, Stupid, Love, mais avec une certaine plus-value : le choix d'une narration pseudo-chorale et le développement de multiples storylines dont chacune reflète à la fois une tranche d'âge et une problématique amoureuse dont certaines sont rocambolesques. Ce qui permet au long-métrage de surprendre avec une scène pré-finale, véritable collision brillante et délirante des différentes storylines.

 

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Une nouvelle fois, on ne peut que regretter cette morale sur le mariage ; le scénario ne sachant pas se contenter de sa démonstration plutôt intelligente sur la complicité que peuvent développer deux personnes en passant leur vie ensemble, sur la pragmatique stabilité familiale qu'apporte le couple et sur l'idée qu'une relation stable avec quelqu'un envers qui on éprouve une grande affection peut être plus amusante et plus forte qu'une course aux jupons, il faut qu'il se lance dans de vastes et foireuses considérations sur le grand concept d'âme-sœur, auto-détruisant l'argumentation de son propos. Par ailleurs, vis-à-vis du traitement des amourettes d'adolescents, on reste intrigué par la manière dont le personnage de Jessica change finalement son fusil d'épaule pour une sorte de compromis qui semble être un sacrifice de la crédibilité de l'histoire sur l'autel du happy end. Néanmoins, faisant le tri entre ses meilleurs côtés et ses maladresses, on passe un bon moment devant ce long-métrage qui ne mentait pas sur la marchandise en tant que comédie romantique un peu stupide et folle.



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