Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 11:54

Malik El Djebena, 19 ans, condamné à six ans de prison, est obligé par des mafieux corses de tuer un autre détenu qui compte témoigner contre eux, sous peine de se faire lui-même tuer. Le jeune délinquant finit par devenir le protégé et le larbin de César Luciani, le chef du clan des corses, et qui contrôle la prison en corrompant les gardiens.

 

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Il faudrait que je m'intéresse plus au cinéma français. J'ai tendance à trouver beaucoup de choses chiantes sur le très peu de films français que je regarde, mais il y a parfois des exceptions qui confirment qu'on est capable de faire des choses remarquables. Je ne parle certainement pas de ces comédies qui s'oublient aussi vite que leur succès fut intense, ni de ces tentatives de ré-utilisation des codes du cinéma américain par la Besson-team, mais de ce cinéma qu'on devine français en une image, et qu'on commence à aimer en quelques scènes. J'avais beaucoup aimé Pour elle. Dans un autre style j'ai vu Un prophète, qui ne laisse vraiment pas indifférent.

 

Un prophète, c'est tout d'abord une mise en scène remarquable. Le réalisation refuse frontalement l'académisme tout en restant parfaitement lisible et élégante. Flirtant avec le reportage mais toujours en restant du pur cinéma, Jacques Audiard filme le milieu carcéral avec une authenticité et un réalisme impressionnants, et tout l'aspect malsain que cela implique. Dès le début du film, à la simple entente des insultes d'un détenu, on a les trippes serrées par la violence et la pourriture qui règnent en prison. Les dialogues et le jeu des acteurs (dont l'excellent Tahar Rahim) ne font qu'amplifier cette crudité peu confortable mais dont on apprécie la performance.

 

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C'est aussi un refus de la complaisance des gangsters. Malgré le charisme peu rassurant de Niels Arestrup, on est bien loin de la classe d'un Don Corleon. Ici le boss est un pathétique c*nnard dont la méchanceté n'a d'égale que son imprévisibilité. Et même si le jeu de Tahar Rahim est un sans faute dans la peau d'un petit délinquant qui devient un caïd, on est à des années-lumières d'un Tony Montana. Ici c'est un jeune délinquant démmerdar et très intelligent qui réussit à grandir en prison, et à grandir dans le crime.

 

Faisant fi de toute leçon de morale, la narration se contente de raconter une histoire sans jamais la commenter ou l'analyser. Y compris lorsque cela implique le racisme, le sexisme, le meurtre, et surtout lorsqu'il s'agit d'utiliser la puissance de la mise en scène pour forcer l'identification du spectateur à un délinquant en passe de devenir un monstre. Une identification incroyablement efficace (pendant dix minutes j'ai eu l'impression d'avoir une lame de rasoir dans la bouche) qui commence à vraiment déranger quand le personnage "prend la confiance" comme le dis un protagoniste, et devient sérieusement un caïd. Pour cela le long-métrage en dérangera beaucoup, qui, habitués à ce que la narration d'un film contraste son identification entre les gentils et les méchants, y verront une totale immoralité ; sans remarquer que si morale il y a, elle se situe dans l'histoire elle-même : l'échec de la réinsertion.

 

http://static.guim.co.uk/sys-images/Film/Pix/pictures/2009/10/29/1256814569010/Scene-from-A-Prophet-Un-P-001.jpg

 

On peut émettre quelques réserves envers la longueur du film, qui souffre de certaines baisses de rythme dues à des scènes superflues rebondissant sur un suspens innexistant, notamment vers le milieu-fin ; c'est dommage. Il y a aussi ces moments semi-fantastiques semi-hallucinatoires, dont le titre est issu, mais qui tranche bizarrement avec la sobriété et le réalisme habituel du film.

 

TL;NR : Excusez de la vulgarité, mais voilà un film qui a des couilles.

 

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Par Foxx - Publié dans : Cinéma
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 18:22

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Vous avez déjà joué du canon vous ?

 

Ouverture solennelle 1812 - Wikipédia

 

 


 
Par Foxx - Publié dans : Musique
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 15:20

Iron Man, Bruce Banner (Hulk à ses heures perdues), Thor, Captain America, la Veuve Noire et Oeil-de-faucon se réunissent pour combattre des méchants menés par Loki, dieu philosophe complexé et frère de Thor.

 

http://3.bp.blogspot.com/-K9jERg6qaz4/T6IXaaKcl8I/AAAAAAAAAEY/X0oax6v5DnY/s1600/__The_Avengers___Movie_Poster_by_themadbutcher.jpeg

 

 

/!\ SPOILER ALERT : Attention, cet article est susceptible de vous révéler des éléments de l'intrigue du film

 

Avengers a la gueule de l'ultime film de super-héros. On se dit "whoua !" tous réunis ! C'est une véritable convention, une somme, un film méta. Ne serait-ce que d'un point de vue de la production et de la conception, l'idée de réunir tous les acteurs ou presque (l'absence d'Edward Norton en Bruce Banner au profit de Mark Ruffalo n'a guère été apprécié par beaucoup de fans) puis de construire un scénario à la narration correct pour lier leurs univers au sein d'une oeuvre cohérente, le tout après toute une série de film présentant les personnages séparément, était à la fois un pur fantasme geek côté spectateurs, et un grand défi côté créateurs (entendez par-là producteur, réalisateur, scénariste, acteurs, etc).

 

Et pourtant... et pourtant... Dès l'annonce des personnages qui allaient peupler cette réunion, j'avais présenti un pétard un peu mouillé sur les bords. D'une part, qui dit films Marvel ne peut ignorer qu'il y a eu une trilogie du nom de Spider-man réalisée par Sam Raimi. Spider-man qui est l'un des meilleurs super-héros qui soit, mais qui n'est pas là. Pareil pour un certain Wolverine. Je me fiche des explications, qu'il va y avoir un reboot de Spider-man, qu'ils n'étaient pas dans les comics originaux, blablabla, patati patata.

 

Hulk je dis OK, un mec qui se transforme en gros monstre vert avec une puissance incroyable et qui défonce tout, c'est transcendant. Iron Man je dis OK, un génie à la personnalité géniale qui s'est fabriqué une armure génialissime et qui possède ainsi une force de mouvement et d'attaque hallucinante, c'est transcendant. Thor je dis OK, un dieu, c'est transcendant. Mais alors que les buildings de Manhattan sont en train de se faire détruire et que ces gens transcendants font un travail sérieux pour les combattre, la Veuve noire tire au pistolet, Captain America se protège avec son bouclier, et Oeil-de-faucon fait de l'humanitaire en sortant des gens d'un bus. Qu'est-ce que ces trois pélerins font là ? On a qu'à appeler Zorro pendant qu'on y est. Dans les Avengers, Iron Man, Hulk et Thor font le boulot. Le boulot de combattre les méchants, et aussi celui de donner un vrai crédit super-héroïque au film.

 

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C'est d'autant plus flagrant quand on voit ce qui passe chez les trois autres : Robin des bois s'est fait envouté la Loki et est donc chez l'ennemi la moitié du film. Scarlett Johanson est venue manipuler Loki pour connaître son plan (faire en sorte que Banner se transforme en Hulk pour niquer le vaisseau) mais s'est elle-même faite manipuler puisque c'est bien elle, affolée, qui fait chier Banner par la suite. Capitaine Americain n'a pas hésité à demander à ce qu'on referme le vortex alors qu'Iron Man était toujours de l'autre côté (l'esprit d'équipe, c'est cool...). Ces trois-là ne sont pas seulement inutiles. Ils font carrément chier le monde. Bref. Avengers c'est cool, c'est la réunion ultime, tout ça. Mais tous comptes faits, c'est trois super-héros seulement. Et encore, Iron Man se hisse bien au-dessus des autres, que ce soit quand il parle ou quand il effectue des actes de bravoure ; tout comme son acteur Robert Downey Jr. dans la réalité, dont le salaire pour le film est sur le point d'atteindre 50 millions de dollars (sauce). Je vous le dis moi, Avengers c'est un film méta.

 

Voilà pour les réelles modalités du défi que s'était posé Marvel avec Avengers. Peut-être pas si insurmontable que ça comme défi en fait. Est-il réussi ?

 

Oui et non.

 

A l'époque où plusieurs films sérieux et matures (bref, des "vrais films") mettant en scène des super-héros ont vu le jour, tels le premier Spider-man, Superman Returns ou encore The Dark Knight (là on est chez DC, mais peu importe), on était en droit de s'attendre à une telle chose avec Avengers. Mais ça aurait aussi été très naïf. Car on en est à des années-lumières. The Avengers est un film pop-corn et sans âme, ou presque.

 

Techniquement, le scénario arrive à lier les storylines des 6 super-héros de manière remarquable. L'exposition à rallonge est très bien faite, y compris pour ceux, comme moi, qui n'avait vu ni Thor ni Captain America. Après il y a quelques dialogues intriguistes ennuyants, où on reconnait l'éternel paradoxe du pop-corn movie qui est de s'entêter à complexifier et à expliquer une intrigue ultra-simple (il faut que les super-héros se réunissent pour pouvoir combattre les méchants quand ils arriveront) grâce à un moyen complètement opposé à l'essence même du film (des dialogues au lieu de l'action).

 

Heureusement ces déboires se font rares (et puis avec un peu de chance quand ça arrive il y a Scarlett Johanson à regarder quelque part dans le cadre) et le film n'est pas avare en action. Ni mauvais. Manifestement Josh Whedon a compris qu'une séquence d'action se construit avec des plans réfléchis pour être spectaculaires, et non des explosions en mode random ensuite charcutées par un montage frénétique pour un rendu gloubi-boulguesque. C'est un fait, The Avengers est un film d'action réussi, et les amateurs seront aux anges le temps de certaines séquences. C'est très impressionnant. Ceci est la grande réussite du film. Par ailleurs les scènes d'action sont portés par des effets spéciaux tout bonnement irréprochables, ILM ayant mis le paquet.

 

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Une autre réussite du film est son caractère libératoire et sans borne présent dans certaines scènes. Par exemple ce porte-avion qui se transforme en vaisseau, ou Iron Man qui va dans une hélice pour la pousser, du grand n'importe quoi mais tellement énorme ! J'ai aussi en tête ce moment où le personnage joué par Samuel L. Jackson défonce un avion de chasse au lance-roquette pour ne pas qu'il décole. Tu n'a pas envie qu'un avion décolle ? Classique. Tu prends un lance-roquette et tu lui tires dessus. On ressent cette sorte de liberté dans les actions des choses et des personnages, comme si tout était possible et que rien ne posait problème. L'univers entier est super. En ce sens Avengers est certainement une très belle adaptation puisque c'est bien une ambiance de comic qui règne dans le film, et c'est simplement pour cette raison qu'il apparaît comme un vulgaire divertissement et que l'auto-dérision y revient souvent, y compris lorsqu'il s'agit de désacraliser des dieux.

 

On aurait tout de même apprécié que le les émotions y soient plus travaillées. C'est bien le problème de toute adaptation qui choisit de rester proche d'un univers gentil de comic ou de BD, comme nous l'a déjà prouvé Tintin de Spielberg : c'est divertissant, impressionnant et souvent marrant, mais jamais on n'a de peine pour les personnages, jamais on ne souffre avec eux, jamais on espère avec eux, bref, les émotions ne sont pas là. Malheureusement les émotions au cinéma, c'est quand même important. Et même si dans le cas présent on espère quand même qu'Iron Man s'en sort à la fin, parce qu'on le connaît déjà et qu'on l'aime bien depuis deux films, c'est bien le seul moment où les émotions pointent leur nez, le reste étant trop formel. C'est particulièrement embêtant quand Phil Coulson y laisse sa peau, parce qu'on s'en fout un peu mais qu'apparemment c'est une véritable charnière dramatique pour les Avengers. Mais bon, disons que je cherche la petite bête, et éventuellement pour pouvez remplacer les "on" de ce paragraphe par des "je", tout ce j'y ai écrit étant très subjectif.

 

 

TL;NR : Dans l'ensemble, c'est quand même vachement cool !

 

 

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Par Foxx - Publié dans : Cinéma
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 11:00

Peter Parker, lycéen timide, réservé et brillant en sciences, perd tous ses moyens dès qu'il s'agit d'aller parler à la fille de son cœur depuis tout petit, l'adorable Mary Jane Watson. Un jour qu'avec sa classe il visite un laboratoire spécialisé dans les araignées mutantes, l'adolescent se fait piquer par une arachnide s'étant échappée. Le lendemain il se réveille différent, très différent, se découvrant des super-pouvoirs.

 

http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/affiches/spiderman1/spiderman_affiche3.jpg

 

Spiderman fait partie de ces rares films qui me sont invariants. Par cette étrange appellation je désigne les films que j'ai vu quand j'étais petit (9 ou 10 ans, selon que je l'ai vu le jour de sa sortie ou après, me rappelle plus), que j'avais adoré, et que j'adore encore aujourd'hui, non pas par nostalgie mais vraiment parce que c'est un bon film. À vrai dire la meilleur adaptation de comic book au cinéma, devant Iron Man puis Superman Returns (vous avez le droit de me trouver nul pour l'absence des Batman de Nolan dans ce top 3). Même si j'avoue ne pas avoir vu les plus récentes adaptations comme Thor ou Green Lantern. Il faut bien avouer que Sam Raimi signait là un véritable bijou, à la fois en adaptant de manière très mature Spider-man au cinéma, et en ne quittant jamais l'univers merveilleux et léger des super-héros. Une réussite totale, et jamais égalée.

 

J'ai aimé :

  • - La bande-originale magnifique de Danny Elfman qui, de ces violons sur le logo Columbia à ce final totalement épique, s'impose comme un véritable hymne en adéquation parfaite avec le film, allant parfois jusqu'à coller parfaitement à l'image (ce passage où Peter grimpe pour la première fois au mur et les cuivres à chaque fois qu'il pose une main, génial)

  • - La réalisation remarquable de Sam Raimi. Le cinéaste livre pas mal de plans bien stylés et orchestre une mise en scène très parlante. Il filme des plans pas trop courts, parfois même longs (la scène où Peter pleure dans sa chambre et où tante May vient le réconforter est un petit plan-séquence qui met à l'occurence au premier plan le talent des acteurs), montrant qu'il sait ce qu'il veut et rendant les scènes d'action spectaculaires.

  • - Les effets spéciaux très bien foutus. Les effets numériques ne sont utilisés que lorsque c'est nécessaire et sont très bien intégrés dans le cas échéant. Les effets physiques sont impeccables.

  • - La narration et le scénario simple, clair et net.

  • - <spoiler>La scène sous la pluie où Mary Jane embrasse Spider-Man suspendu la tête en bas</spoiler>

  • - <spoiler>Ce plan sur le visage de Spider-Man où se reflètent d'un côté Mary Jane en train de tomber, de l'autre côté les petits enfants en train de tomber</spoiler>

Je n'ai pas aimé :

  • - Ces petits moments d'humour au milieu de scènes sérieuses (lorsque Peter essaie de tisser une toile au sommet d'un immeuble ; Spider-Man qui sort un "aïe !" ironique quand il voit un policier se faire latter par le bouffon vert ; ce dernier qui lâche un "oh" juste avant de mourir ; etc). Je n'aime pas ça, tension dramatique ou humour meta, il faut choisir, mais les deux en même temps ça n'a aucun sens. Malheureusement pour moi Sam Raimi semble aimer ça parce ce phénomène a lieu à l'échelle macroscopique dans Spider-Man 3, ce qui détruit le film d'ailleurs.

  • - Quand Peter se rend compte que le bouffon sait qui il est réellement et se dit à lui-même... "Il sait qui je suis réellement". Le réellement n'était pas nécessaire, à vrai dire c'est lui qui fait passer la réplique d'un truc crédible qu'on peut se dire à soi-même à "allez je raconte le film pour ceux qui comprennent rien". Mais là je chipote violemment. Il n'y a vraiment pas grand-chose à reprocher à ce film.

 

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Par Foxx - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 18:00

Dixit Allociné : Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l'émission Qui veut gagner des millions ? Il n'est plus qu'à une question de la victoire lorsque la police l'arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d'où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu'il a perdue.

 

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/67/57/84/19026767.jpg 

 

/!\ SPOILERS

 

Ah ! Drôle de phénomène qu'est ce Danny Boyle. Cinéaste s'attaquant à tous les genres, capable d'y réaliser le pire comme le meilleur, ou peut-être un peu des deux en même temps. Une chose est sûre : son cinéma est unique. Est-il pour autant génial ? Hum... Pour moi ses quelques films que j'ai eu l'occasion de voir tenaient plus du whatthefuckisme sympatoche qu'autre chose. Je me rappelle encore d'un Trainspotting true rebel s'introduisant en "olol la société de consommation c'est chiant, la drogue c'est beaucoup plus marrant" et se développant à coup de fléchette dans le cul de bulldog et de savante comparaison entre éjaculation et but au footbal. Que dire d'un Sunshine dont le postulat d'une redoutable intelligence se résumait à "eh viens on va mettre une bombe atomique dans le soleil comme ça il va mieux briller" mais qui se trouvait être une expérience viscérale rudement bien menée par la suite. Il y a aussi 28 jours plus tard qui revisitait de manière plutôt brillante le film de zombie et qui virait ensuite dans une sorte de malsain bizarre avec des soldats en mode "Oh, femme ! Miam miam !"

 

Et puis il y a Slumdog Millionaire. Pour celui-ci, le malheureux cinéaste a notamment perdu un pied de sa caméra, ce qui fait que la moitié du film est filmée en dutch angle. De plus le monteur avait une tendance à vouloir jouer La marche turque sur sa table du montage, ce qui fait que le résultat est une sorte de truc complètement frénétique qu'on regarde en tournant un peu la tête sur le côté. D'ailleurs comme ce n'était pas assez marrant le directeur photo a préféré saturer à fond les couleurs et le mec du son s'est lâché sur l'intégration de la bande-son. Ça fait un joli patchwork bien clipesque comme ça. Un peu comme le space mountain.

 

Déjà, l'introduction a gêné mon esprit un peu (carrément ?) autiste. Comment Jamal Malik a-t-il atteint la question à 20 millions ? A. Il a triché ; B. C'est un génie ; C. Il est chanceux ; D. C'est son destin.

 

Petit un. La confusion entre culture et intelligence m'irrite tellement que je ne peux pas pardonner à un film de la faire rapidement en passant. A priori, un génie n'aurait pas plus de raison que quelqu'un d'autre de gagner à Qui veut des millions. Simplement car, mis à part quelques questions où on peut raisonner, les questions du jeu télévisé ne sont que des tests de culture générale. Ramanujan était un génie, et pourtant, s'il ne connaissait pas du tout l'oeuvre de Dumas, je vois mal comment il aurait pu deviner le nom du troisième mousquetaire. Donc la réponse B est complètement hors sujet.

 

Petit deux. Où est la possibilité "Il connaîssait les réponses" ?

 

Petit trois. La dernière réponse, en plus d'être une disjonction non exclusive des autres réponses, est forcément vraie.

 

Petit quatre. À la fin du film on nous dit effectivement que la bonne réponse est la D. Sauf que le principe du film est le suivant : Jamal est interrogé par les forces de l'ordre pour qu'il explique comment il a triché (car a priori il est impensable qu'un slumdog du bidonville puisse connaître tant de choses) et il explique donc d'où il tient toutes les réponses. Le film se construit alors autour de flashbacks sur toute la vie passée de Jamal et explique comment les péripéties qu'il a vécu lui ont enseigné quelques unes des réponses, souvent de manière annecdotique. Concept narratif, je le concède, particulièrement intelligent. Seulement il apparaît alors que la réponse C est aussi vraie. Jamal a été chanceux non pas en répondant juste au hasard mais dans le fait qu'on lui ait posé les questions auxquelles il savait répondre. C'est valable pour n'importe quel joueur me direz-vous. Sauf que le film insiste sur le fait que, mis à part quelques petits trucs qu'il apprend dans les bidonvilles comme le prix du jambon-beurre-mayonaise, Jamal est quand même assez inculte. Notamment au début du jeu où il ne sait pas répondre à une question apparemment évidente et où il use son premier joker.  

 

Voilà pour les questions à la con.

 

Maintenant parlons du film. Eh bien je l'ai trouvé plutôt sympathique. Notamment avec une dernière partie transcendente qui compense un début moyen et le whatthefuckisme de certains moments. En fait, le film est une histoire d'amour. Jamal s'éprend de Latika dès leur plus jeune âge et il n'est pas du genre à lâcher l'affaire, car il est vraiment très beaucoup amoureux. Et le film raconte tout dépuis le début. Donc on a le droit à certains moments qui paraissent un peu formels et rapidement évacués : allez hop les gamins ils courent et ils sont contents dans le bidonville, allez hop il y a des méchants qui viennent massacrer les gens et tuer leur maman et ils s'enfuient (j'avoue que je ne m'y connais guère en culture indienne et que ce n'est pas forcément évident de comprendre ce qui se passe à ce moment, mais wikipédia va m'éclairer).

 

Puis ça continue dans la fresque plutôt moyenne mais sympathique de deux frères à travers l'Inde, excepté un très bon passage (une nouvelle fois très clipesque) avec Paper Planes de MIA à la bande-son. Une grande qualité du long-métrage est de profiter de ce long développement pour d'une part faire de Jamal un personnage gentil et normal, auquel on peut facilement s'identifier, d'autre part montrer à quel point il est amoureux de Latika et ce qu'il est prêt à faire pour la retrouver. Et franchement, dans un contexte de pénurie de grand amour à peu prêt crédible au cinéma, ça fait du bien.

 

Maintenant le film décolle et devient complètement épique (enfin, je m'entends) dans son dénouement, à savoir la dernière question du jeu télévisé. Le film décrit ce moment comme un événement très important à travers l'Inde et montre les gens se réunir devant leur télé, tout ça, c'est très excitant. La musique de Qui veut gagner des millions est utilisée avec une grande efficacité comme élément de suspens du film lui-même. Il y a des bonnes idées de suspense et de climax. On sent un bon dénouement total : tous les noeuds sont sur le point d'être démêlés et tout se finira là. Et ça marche du tonerre. Une très belle dernière partie, c'est vraiment elle qui donne de la brillance au film.

 

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Par Foxx - Publié dans : Cinéma
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