20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 14:58

Dans un décor apocalyptique dont la cause nous reste mystérieuse, un homme et son fils tentent de survivre, psychologiquement et physiquement, en marchant vers le Sud.

 

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Il convient tout d'abord de préciser que je n'ai pas lu le roman éponyme de Cormac McCarthy duquel est adapté le film. Ce qui, selon la blogosphère ciné, est une grande lacune culturelle. Cependant, cela me permet d'appréhender le film vraiment comme un film et non comme une adaptation.

 

La Route fait d'abord penser à Les Fils de l'Homme du fait de son anticipation apocalyptique, son caractère viscéral et son aspect photographique dépouillé de couleurs. Néanmoins les deux longs-métrages diffèrent d'une part graphiquement, d'autre part dans la narration. Alors que le chef-d'œuvre d'Alfonso Cuaron impressionnait par ses plan-séquences et un style proche du reportage, La Route, bien plus posé, offre des plans graphiquement très beaux tout du long et débute presque chaque nouvelle scène par un long plan fixe sublimant assez curieusement un paysage a priori laid. De même, côté narration, il est étonnant de constater que le scénario arrive à installer une sorte de routine chez ces deux personnages pourtant en état de survie constant. Et en fait, les scènes d'action, si je puis dire, se font rares, le film prenant le temps à l'occasion de scènes calmes au bord d'un feu de nous décrire cet homme et son fils, auquels on s'attache rapidement, signant notre contrat de tristesse. Cela est bien sûr rendu possible par les prestations talentueuses de Viggo Mortensen et de Kodi Smith-McPhee (épatant).

 

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C'est ainsi qu'une mise en scène simple utilisant néanmoins des cadres soignés offre une authenticité remarquable au film. Il suffit alors d'y mettre un peu du sien pour l'immersion dans l'œuvre (ce que la curiosité m'a fait faire dès le début) et le rendu devient émotionnellement surpuissant. Au cours de la vision de La Route, j'ai pleuré, que ce fût à l'occasion du registre purement triste où celui pathétique, montrant les limites morales (en terme de bien et de mal) d'un père de famille ayant perdu "the fire", véritable drame du film. J'ai eu furieusement peur, notamment sur une scène terriblement effrayante. J'ai souris deux fois environ, c'est tout.

 

Car La Route est un film profondément triste. Alors qu'habituellement je déteste d'emblée les films décrivant une dystopie sale et moche, cette fois je n'ai rien pu faire. Le film se situe tellement à des années lumière des productions hollywoodiennes et des films à la tristesse artificielle qu'il atteint un réalisme nous permettant de palper la crasse, la boue et de ressentir personnellement cette angoisse et cet accablement. Tout ceci semble si réel. Et les quelques flashbacks idylliques qui parsement le film, étant de la véritable poésie cinématographique, ne sont là que pour faire contraste avec ce présent pourri et nous planter un couteau en plein cœur lors de leur coupure.

 

Une fois le long-métrage terminé, c'est un effet anti-Avatar qu'on ressent : on est content de rejoindre la douce réalité après l'aventure psychologiquement assez éprouvante qu'on vient de vivre. Mais le constat est toujours le même : il s'agissait d'un film excellent.

 

Transcendant | Excellent | Bon | Sympathique | Moyen | Ennuyant | Mauvais | Ultra mauvais

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