30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 11:29

En Allemagne, un professeur de lycée, constatant que ses élèves sont persuadés qu'un régime autocratique ne pourrait pas s'installer dans le pays, commence une sorte de jeu consistant à transformer la classe en une communauté s'alignant autour d'un uniforme, d'un nom, d'un emblême et tout le bataclan. Malheureusement les élèves finissent par prendre ça très au sérieux...

 

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Outre le fait de m'avoir permis de partir en Allemagne de l'Est en plein hiver – logeant dans un quartier ressemblant plus au village du Père Noël qu'à un endroit d'un pays voisin – et de m'avoir offert deux heures pas semaines au cours desquelles je pouvais bavarder avec mes camarades, l'utilité qu'a eu le cours de langue vivante 2 durant ma scolarité du secondaire fut de me faire découvrir quelques films allemands, il faut l'avouer forts intéressants, et même bons. Je parle de Goodbye, Lennin!, Cours, Lola, cours et La vie des autres, qui, j'imagine, font partie des classiques traînant dans les étagères de tout professeur d'allemand de collège ou de lycée.

 

Alors quand hier LCP diffusa (oui cette chaîne diffuse des films) La Vague (Die Welle), autre long-métrage dont j'avais vaguement (pardon, c'est plus fort que moi) entendu parler, je m'installai tranquillement devant la télé, et cinéphilai (du verbe cinéphiler, évidemment). Et devinez quoi, je reçus pour la quatrième fois (le nombre ridicule de films allemands que j'ai vu (vous comprenez alors l'utilisation illégale du terme "cinéphile" pour me caractériser deux lignes plus haut (vous avez vu j'imbrique les parenthèses (lol)))) cette sensation de petite claque à la vision d'un cinéma qui m'est étranger, à la fois différent de ce dont je suis habitué, mais séduisant. Bref, un cinéma qui suscite la curiosité, et qui n'est pas de l'arnaque. Vraiment pas.

 

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Je n'aime pas trop partir en délire dans de sérieuses analyses forme/sens d'œuvres d'art – non pas que rechigne cet esprit plutôt littéaire mais simplement car j'ai tendance à me planter lamentablement quand je m'y essaie – mais, ma foi, je vais me lancer. En fait, j'ai envie de dire que La Vague est construit comme une vague. Le film débute avec une exposition plutôt lente et parfaitement inoffensive. Si on connaît le synopsis alors on voit vite venir les choses et on se demande comment le scénario va pouvoir arriver à ses fins tout en restant crédible. Et alors, doucement mais sûrement, ça commence à monter, sans qu'on sache vraiment comment tout s'est emboîté pour en arriver là. Et ça grossit. À la fin, on se prend une baffe dans la tête et on est tout renversé de partout.

 

C'est pas très compliqué. Le scénario est juste excellemment bien écrit. De ce professeur enseignant un cours sur l'autocratie a priori annodin, il nous emmène doucement vers un projet qui partira totalement en cacahuète, mettant à l'épreuve les personnages, et le spectateur. Car quand le professeur déclare à la fin "J'aimerais que vous réfléchissiez longuement à ce qui s'est passé ici", il ne parle pas seulement à ses élèves, mais aussi à celui qui regarde le film, qui est en train de se demander "Qu'est-ce que j'aurais fait moi ?" Et même si la solution de se dire qu'on aurait fait comme les deux filles de la classe qui ont vu très vite le délire malsain qui se profilait derrière cette histoire de communauté est la plus facile, elle n'est pas la plus évidente.

 

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Avec brio et habilité, La Vague nous montre comment il est possible pour un seul homme de manipuler aisément un groupe de personne au nom de causes ridicules et d'une pseudo-communauté au sein de laquelle la montée d'une volonté d'affirmation violente semble innévitable. Il décrit comment une figure autoritaire manipulant bien le discours suffit à réunir des personnes autour de l'idolâtrie de leur groupe et de leur maître. Faisant parfois penser à Fight Club lors de cette scène où les jeunes collent et taguent leur emblême partout en ville ou simplement par le thème de l'endoctrinement, le long-métrage est rudement bien mené. Mieux encore, le script profite de son contexte scolaire pour y traîter d'autres problématiques telles que l'exclusion sociale dès qu'on ne respecte pas les codes d'un groupe ainsi que les difficultés psychologiques de l'éternelle "tête de turc" et les conséquences catastrophiques qu'elles peuvent avoir.

 

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Pour ce qui est de la mise en scène, c'est plutôt agréable mais pas transcendant. Mis à part cette scène finale méritant tous les hommages, étonnante de puissance, en adéquation parfaite avec le scénario signant un climax jusqu'au-boutiste. Le casting est constitué d'acteurs tous bons, en particulier Jürgen Vogel jouant ce professeur pour le moins charismatique et Jennifer Ulrich, dans le rôle de cette élève intelligente, seule ayant compris ce qui se passe et essayant désespérément de stopper le mouvement.

 

Un très bon film.

 

Transcendant | Excellent | Bon | Sympathique | Moyen | Ennuyant | Mauvais | Ultra mauvais

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commentaires

Alix'm 03/11/2011



yeear! Ca faisait bien longtemps qu'il n'y avait pas eu du nouveau...


j'essaye toujours de développer ma culture filmique, et grâce à toi, ça avance petit à petit ;)


merci Filou!



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