21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 00:20

Au cours du tournage de leur film de zombies, une bande de jeunes collégiens assistent au déraillement d'un train de marchandises. Bien vite ils se rendent compte que ce n'était que le début d'une série d'étranges phénomènes se produisant dans leur petite ville, et qui les mèneront dans une aventure extraordinaire.

 

Super 8

 

Des phrases clés ont été cachées dans cet article, sauras-tu les retrouver ? [Indice : elles sont en gras].

 

  J.J. Abrams c’est un peu le mec qui pioche des idées pas vraiment originales mais les exploite à fond. « Eh tu vois Robinson Crusoé ? Viens on fait pareil mais avec plein de survivants d’un crash d’avion. » ; « Eh tu te rappelles Star Trek ? Viens on fait la 11e adaptation ciné. » ; « Eh tu vois Godzilla d’Emmerich ? Viens on fait pareil mais en version Blair Witch. » ; « Eh tu te souviens de ce que faisait Spielberg et des Goonies de Richard Donner au début des 80’s ? Viens on fait pareil.  » Que ce soit avec la série Lost, le film Star Trek et surtout l’excellent Cloverfield (où Abrams était producteur), le fait est que quand J.J. n’est pas loin, bah, c’est de la balle. Et quand il écrit et réalise Super 8, devinez quoi : bah, c’est de la balle.

 

Super 8

 

Mais alors, est-ce un hommage purement nostalgique où le film est vraiment fait comme s’il avait été conçu en 1979 ? Non. Abrams confronte l’époque de son histoire et notre époque actuelle, il garde les bons côtés de cette dernière et souligne les différences. Ainsi on imagine mal une scène d’action aussi anthologique que le déraillement du train avec les seuls effets spéciaux de 1979. Il s’agit bel et bien d’un spectacle moderne. Et la beauté de la chose, c’est que ça passe comme une lettre à la poste, alors qu’il y avait tout de même un petit risque d’anachronisme forme/sens (vous savez ce truc qui fait qu’on ne peut pas imaginer la prélogie de Star Wars avant la trilogie originale). Outre de petites références critiques aux technologies modernes (le coup du baladeur est assez clair), l’époque du film s’impose d’elle-même comme une prise de recul sur notre époque actuelle. L’absence de téléphones portables et d’ordinateurs dans le long-métrage a de quoi faire passer les enfants et ados actuels, qui passent un temps fou sur ces machines, pour une belle bande de no-lifes, peu importe leur nombre d’amis sur Facebook. Le titre en lui-même, désignant le format vidéo amateur de l’époque, en plus d’être le format avec lequel ont fait leurs premiers pas Spielberg, Abrams ou encore Lucas, est aussi le symbole d’une rupture. Alors qu’aujourd’hui une fonction vidéo numérique est disponible sur n’importe quel portable et qu’il y a fort à parier qu’un accident filmé se retrouve d’une manière ou d’une autre sur YouTube avec 220 000 vues le lendemain, dans le film la pellicule et son long développement est précisément ce qui permet à l’intrigue de rester secrète entre gosses et de tenir presque 2 heures. Donc, Super 8 n’est pas exclusivement réservé au trentenaires actuels qui ont grandi avec E.T., mais aussi aux adolescents actuels qui auront l’intelligence d’être jaloux d’une ancienne génération où il n’y avait pas la magie d’Internet et qui, pourtant, était plus… magique.

 

Super 8

 

De même, est-ce seulement « spielbergien » où Abrams passe 2 heures à jouer l’imitateur ? Non. Le vieux filou a beau filmer des gosses sur des BMX en travelling grue, et ne plus pouvoir s’arrêter dans son avalanche de références, il laisse sa marque. D’abord sur la dimension scénaristique, le script abritant cet esprit complot-mystère-confidentiel-zone-51-mais-je-ne-comprend-pas-tout-il-se-passe-des-choses-pas-très-normales qui avait duré tout du long de Lost. C’est par ailleurs intéressant de voir comment le téléaste / cinéaste s’en sort pour les révélations, le schéma narratif d’un film étant nécessairement différent de celui d’une série. Mal dirons certains, très bien dis-je, et je ne spoilerai pas plus. Ensuite, à propos de la mise en scène, on trouve des cadres bien de sa cuvée, et bien sûr cette volonté de cacher « la chose » dans la première partie du long-métrage mais d’en montrer quand même un peu, choix qu’on avait déjà vu dans Cloverfield. Il s’agit bel et bien d’un film de J.J. Abrams. On notera cependant une utilisation aussi abusive que foireuse des lens flare, souvent artificiels (moi aussi je suis capable de faire un trait bleu au feutre sur une photo) et dont le côté outrancier assumé est... bizarre. N'est pas Michael Bay qui veut (ah ah j'ai toujours rêvé de dire ça). Néanmoins Abrams nous confirme son talent pour créer du spectaculaire, et même sa capacité à décupler la puissance d’un matériau de base parfois peu grandiose ; Good Game.

 

Super 8

 

Le métrage n’est pas pour autant un pur film d’action, loin de là. Premièrement il possède un scénario, un scénario extrêmement solide. Simple certes, mais solide. De toute manière on sait tous qu’un bon cinéaste ne se démarque pas à sa capacité de faire passer la complexité des péripéties et des concepts de son histoire, mais à sa capacité de faire passer la complexité des sentiments des personnages. C’est là le deuxièmement : ce film véhicule des émotions. On s’y attache à ces gosses. Il faut aussi dire qu’ils sont bien joués ces filous. Joel Courtney est irréprochable, et dans le rôle le plus difficile du film Elle Fanning oscille entre jeu moyen et performance. Quant aux autres ils jouent tous très bien. Que demande le peuple ? Super 8 est vraiment un film d’enfant (≠ pour enfant). On vit l’aventure avec eux et c’est cool ! On retourne au collège, à ses amourettes, pas de notre vision d’adulte avec un regard de vieux connard cynique, au contraire on est en admiration devant cette période si pure et innocente. C’est là toute l’intelligence de J.J. Car ce dernier profite de ce moment de repos chez notre esprit d’analyste blasé de morale pour prendre le risque de mettre en scène ce que les effrontés qualifierait sans vergogne de niais. Mais ce serait être passé à côté du film que d’en être déçu ; ce n’est pas de la niaiserie : c’est de la gentillesse. Et dans ce bas monde où la gentillesse est antonyme de crédible et synonyme de naïf, Abrams n’est pas corrompu, il est bon. C’est justement ce qui donne au film sa dimension universelle et qui fait de lui un film pop. Film excellent qui plus est.

 

Transcendant | Excellent | Bon | Sympathique | Moyen | Ennuyant | Mauvais | Ultra mauvais

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commentaires

Pauline 12/10/2011



Coucou,


 


Je voulais savoir comme tu allais ? Si tu te plaisais dans ta prépa ? Si tu tiens le coup ?


 


Enfin, des nouvelles sont demandées ! :)


Bisous



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